4 ACCES A LA SECURISATION HUMAINE ET MATERIELLE    
    4-1 ACCES AUX INFRASTRUCTURES DE TRANSPORT ET DE COMMUNICATION
     

4-1-1 Les infrastructures existantes

La nature a avantagé la région BOENY de plusieurs atouts physiques, notamment une longue côte de 630km, un vaste réseau de fleuves propices à la navigation maritime et fluviale, un grand port ouvert sur le monde... Hormis cela, elle compte également quelques ports intermédiaires tels que les Quais ORANGE, le Port SCHNEIDER, le Quai Barriquand, qui lui permettent d’avoir des trafics régionaux et interrégionaux.

Ceci étant, la région a l’avantage de pouvoir dynamiser le transport maritime et le transport fluvial. Jusqu’ici, Mahajanga et Katsepy sont reliés journalière ment par le BAC BAOBAB. Certaines communes situées dans la partie centrale, notamment Ambato-Boeny et Marovoay, sont également desservies par quelques bacs.

A l’aéroport international de Philibert TSIRANANA à Amborovy, des vols réguliers relient la région à Mayotte, aux Comores et à l’île de la Réunion, grâce aux lignes aériennes de l’AIRMAD et de l’AIR AUSTRAL. Tandis qu’un vol journalier Mahajanga – Tananarive a lieu au moins une fois. Viennent s’y ajouter également l’aérodrome public à Soalala et des pistes d’atterrissage privées dans certaines communes.

Pour le transport terrestre, la région est traversée par la route nationale RN4 la reliant à Antananarivo. Celle-ci passe par huit (08) communes avant d’atteindre la capitale de Boeny, Mahajanga I. Des routes nationales temporaires desservent les quatre autres chefs lieux du district, c’est à dire Marovoay, Ambato-Boeny, Mitsinjo et Soalala. Certaines communes telles que Madirovalo, Antongomenabevary, Ambohipaky, Katsepy, Ankijabe y ont également accès. Le reste du réseau est constitué de routes provinciales et autres routes non classées.

En tout, les routes bitumées dans la région mesurent 283 km. Cependant, leur praticabilité reste saisonnière pour une grande partie, et les moyens pour les emprunter demeurent assez limités pour la population. L’absence de route bitumée dans tout Soalala et tout Mitsinjo mérite d’être mentionnée en tant que chefs lieux de district. (réf carte infrastructures de transport)

4-1-2 L’enclavement      

Les communes régulièrement accessibles par route sont celles traversées par la route nationale RN4, en plus de Marovoay, de Boanamaro, d’Anjiajia et Katsepy est joignable par voie maritime en provenance de Mahajanga I. En tout, seules 14 communes sur 43 sont accessibles toute l’année.

Les communes restantes ont des problèmes d’enclavement périodiques, dont :

          09 pour une durée moyenne de trois mois toute l’année
12 pendant 06 mois
08 qui ne sont accessibles que par charrette et à pied toute l’année
 
     
Bref, 20 communes sont entièrement enclavées au moins pendant la moitié de l’année, ce qui représente environ 180 000 personnes, soit 32% de la population régionale, privées de tout contact avec l'extérieur 6 mois dans l'année.

Les périodes d’enclavement se situent surtout en saison de pluies, et avec les conséquences comme l'inondation, c'est l'occasion propice pour la propagation rapide des pathologies dominantes telles que la diarrhée, le paludisme et les maladies respiratoires. Pis encore, ces communes enclavées sont un foyer idéal pour la prolifération des virus mortels : le choléra, la peste, la fièvre thyphoïde et la toxicose.

Or, à posteriori la suite logique de l’enclavement est le dysfonctionnement du système de référence et l’insécurité alimentaire menaçant environ 28 000 enfants de moins de 4 ans.

 
4-2 Les catastrophes naturelles      

De par sa proximité avec l’Océan Indien et le canal de Mozambique, la région Boeny est exposée aux cyclones. Elle a subi de sérieux dégâts après les passages successifs des cyclones KAMISY en 1984, GAFILO et ELITA en 2004.

La saison pluvieuse, comme mentionné supra, s’étale sur six mois à sept mois environ et la pluviométrie annuelle atteint en moyenne 1542 mm d’eau par an. Accompagnés de pluies abondantes, ces cyclones favorisent l’inondation principalement dans la plupart des communes rurales traversées par les grands fleuves. Il arrive que ceux-ci se rejoignent comme ce fût le cas pour Mahajamba et Kamoro dernièrement.

Les infrastructures économiques sont les premières à en pâtir et les productions rizicoles sont également les plus vulnérables, étant donné que dans la région les cultures sont en grande partie irriguées.

Les centres de santé et les écoles ne sont pas épargnés, privant les enfants de l’accès aux soins et souvent d’une année scolaire.

Au niveau de la Province se trouve un Comité Provincial de Secours, en réseau avec le Comité National. Dans les districts la même structure existe souvent en lien direct avec des comités locaux en cas de catastrophe naturelle.

4-3 La sécurité publique     

Une brigade territoriale se trouve à Mahajanga ville et chaque district est doté de brigade. Quelques communes très exposées à l’insécurité ou ayant des enjeux économiques en disposent également telles qu’Andranomavo, Sitampiky, Ambondromamy, Manaratsandry, Ankazomborona et Matsakabanja avec la sucrerie de SIRAMA. Notons que ces brigades ont des limites d’interventions bien définies dont l’étendue couvre souvent plusieurs communes à la fois.

Les statistiques de 2004 issues de la gendarmerie révèlent que les criminalités et les actes de banditisme commencent à gagner du terrain dans la région. Néanmoins, comparée aux autres régions de la Province, voire du pays, elle peut encore se vanter de nos jours d’être sécurisée et paisible.

Effectivement, les cas d'attaques criminelles ou d'actes de banditisme recensés ne dépassent pas quarante (40) l'an. même dans les communes les plus exposées; En terme d’évolution, de 2002 à 2004, de nettes améliorations ont même été constatées. Parmi les actes réprimés par la loi, le banditisme tient la première place, suivi de près par les « coups et blessures volontaires » Heureusement, les cas d'homicide sont relativement rares.

Les zones rouges, avec des cas entre 30 et 40 fois par an sont localisées dans les communes de Mahajanga II, de Marovoay et d’Ambato-boeny. Les grands centres urbains, très peuplés, tels que Mahajanga I, Marovoay ville, Ambato-Boeny et Ankazomborona, viennent grossir le rang. ( Carte criminalité et actes de banditismes)

Les vols de bœufs, plus fréquents à Ambato-Boeny, ont fait de ce district une zone rouge, notamment dans la partie centrale à Sitampiky et à Ankirihitra. Pour la partie sud allant de Soalala à Ambohipaky et à Andranomavo, l’insécurité connaît des pics vers les quinzaines du mois, précisément à la date du grand marché de bovidés. Avec un cheptel bovin riche de plus d’une centaine de mille, la proximité avec la région du Melaky explique pourquoi le phénomène prend de l'ampleur.

Pour le cas de Mahajanga II, l’ampleur et la gravité sont moindres. Quoique, récemment, des plaintes à propos de vols d'attelage ( bœufs et charrettes ) soient parvenues aux autorités, notamment dans les communes d’Ambalakida, de Betsako et d’Ambalabe Befanjava.

En ce qui concerne le circuit des bœufs volés, les flux entrants viennent de la région Melaky (Maintirano et Besalampy) en rejoignant Andranomavo. Les flux sortants empruntent l'itinéraire des Terres centrales et de la Betsiboka. Tandis que les flux internes transitent souvent par Andranomavo, Ankazomborona ou rejoignent directement Mahajanga ville. (Carte vol de bœufs)

4-4 LA SECURITE ALIMENTAIRE

Dans 33 communes sur 43, la culture rizicole tient la première place, souvent suivies de la culture de manioc et de maïs. Hormis pour Marovoay et Ambato-Boeny, une grande partie de la production est destinée à la consommation domestique. Avec 570 000 habitants, les besoins annuels en riz sont de 66 117 Tonnes ( en se basant sur la consommation annuelle d’un adulte à Madagascar à 119 kg par an, la moitié pour un enfant moins de quatre ans)

Avec une production annuelle de paddy à 135 975 tonnes par an ( statistique agricole 2002), ces besoins devraient être largement couverts, compte tenu de la présence du deuxième grenier à Marovoay. Suit la quantité annuelle produite en manioc, elle-même non négligeable, avec 39 400 tonnes.

Toutefois, si la Région a une production excédentaire, la majorité de la production alimente le marché national. De ce fait, on comprend combien certaines communes non-productrices et enclavées soient lésées par cette situation. Or, les besoins en riz des 180 000 personnes de ces vingt communes enclavées sont estimés à 10 710 tonnes pendant les six mois d’enclavement. En premier lieu, citons le cas des districts dans la partie sud à Soalala et à Mitsinjo, avec des besoins avoisinant les 12 500 tonnes par an, alors que la production rizicole est de 16 625 tonnes de paddy. Une partie enclavée d’Ambato-Boeny est également menacée.

En théorie, la pêche devrait également contribuer à la sécurité alimentaire de la région. Or, aucun chiffre sur la production de la pêche traditionnelle n’est jusqu'à ce jour disponible. En tout cas, au moins pour les 09 communes côtières et quelques communes de Mitsinjo et d’Ambato-Boeny, l’activité pourrait leur être une source d'apport continu en protéines. Quoique, il faille tout de même signaler que l'utilisation de techniques non appropriées engendrent des préjudices en chaîne :

 
 
  1. perte de la valeur nutritive des produits halieutiques, due essentiellement au système de traitement et de stockage utilisé. Car, pour l'instant, à défaut d’énergie, le séchage et le fumage à base de bois de chauffe sont les techniques les plus répandues dans la majorité des communes productrices.
  2. perte de la valeur commerciale des captures, et par conséquent, diminution du revenu des pêcheurs traditionnels.
  3. nuisance à l’environnement, par l'utilisation du bois de chauffe comme énergie, d'où atteinte au renouvellement des ressources. Par ricochet, et à terme, les pêcheurs traditionnels s’exposent ainsi à l’insécurité alimentaire.